« 29 octobre 1861 » [source : BnF, Mss, NAF 16382, f. 138], transcr. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.1778, page consultée le 05 mai 2026.
Mardi matin, 7 h., 29 octobre 1861
Bonjour, mon cher bien-aimé, bonjour. Que Dieu et mon amour soient avec toi, je
t’adore. Je regarde ta chère petite fenêtre pour surprendre ton premier mouvement.
Jusqu’à présent je n’ai encore rien vu mais il est encore bien bonne heure et le temps
est bien frileux ce matin. Et puis, quelle quea soit l’heure où tu te lèves, ta journée est tellement bien
employée que toutes les forces de tous les cerveaux réunis de tout l’univers n’en
feraient pas autant que toi et surtout aussi grand, aussi bon, aussi beau, aussi
admirable, aussi sublime, aussi adorable. Quant à moi, je suis de plus en plus éblouie
et mon cœur n’est pas assez grand pour contenir mon extase.
Je te dis cela comme
je peux, mon pauvre petit homme, mais dans ce bredouillage de ma pensée toute mon
âme
se répand et te jette son cri suprême :
je t’aime !
Moi je te baise avec
vénération et je t’adore à deux genoux.
a « quelque ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
Hugo termine Les Misérables en Belgique. Juliette copie avec délices.
- 16 janvierHugo se laisse pousser la barbe.
- 25 mars-3 septembreVoyage à Londres, puis en Belgique et en Hollande et dans les environs ; séjour à Mont-Saint-Jean, à l’hôtel des Colonnes. Hugo quitte parfois Juliette pour rendre visite à sa famille à Bruxelles.
- 20 décembreHugo consent au mariage de sa fille avec le lieutenant Pinson.
